Maisons

« Nous sommes assis sur un petit trésor »

 

Elle est arrivée sur la pointe des pieds. Faut dire que lorsque l’on s’appelle Garreau, que l’on est l’arrière-petite-fille de celui qui en 1919 acquit le château éponyme à Labastide d’Armagnac, le risque est grand, qu’un jour, l’appel de l’eau-de-vie gasconne soit le plus fort. Ainsi Carole Garreau et son mari sont désormais à la tête de la Maison familiale.

« En 2006 mon oncle Charles souhaitait arrêter, raconte la jeune femme. Qu’allait devenir le domaine armagnacais ?  Mon père a racheté les parts de mon oncle et nous a demandé si nous souhaitions nous investir à ses côtés. Ce que nous avons fait. A côté de nos métiers nous venions travailler au domaine. » Et ce qui devait arriver… Pierre Garreau a été définitivement rejoint par sa fille et son mari.

Le jeune couple s’est installé au château Garreau avec de solides ambitions. « Nous possédons un produit rare, nous sommes assis sur un petit trésor, s’enthousiasme Carole. Le problème c’est qu’il faut le valoriser, le positionner en apéritif. L’armagnac de papi, c’est fini », lâche-t-elle.

La productrice de Labastide veut installer l’armagnac « dans la catégorie des produits de luxe ». Pour se faire, le château Garreau a lancé de grandes manœuvres. D’abord sur le vignoble restructuré dont les 30 hectares comptent à 80 % du Baco, le chouchou du domaine. L’accent est mis sur la Blanche avec une incitation forte à consommer cette eau-de-vie aussi en cocktail.

Le positionnement des armagnacs Garreau a pris un nouveau virage. En point de mire les cavistes mais également des restaurants dont quelques étoilés Michelin qui affichent déjà sur leurs cartes les produits sélectionnés par Carole. La quatrième génération de Garreau travaille par ailleurs les marchés à l’export (Japon, Belgique, Australie, Canada) qui pèsent aujourd’hui 20 à 25 % du chiffre d’affaires armagnac. Quant au Floc de Gascogne, il reste une valeur sûre au château. Il pèse à lui seul 40 % du chiffre du domaine.

Fidèle à la tradition familiale, Carole Garreau met un point d’honneur à participer à la vie économique de la région en y apportant sa part d’initiatives. A l’instar du marché nocturne qui depuis sept ou huit ans s’installe le premier jeudi d’août au château. Une quinzaine de producteurs de produits du cru côtoient les eaux-de-vie de la Maison.

Ce rendez-vous gourmand est prévu le jeudi 3 août prochain.

 

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