L'Invité (e)

Sommeliers Londoniens chez Laberdolive

 

Aymeric et Nicolas ne gâchent pas leur plaisir. Nez dans le verre, papilles en éveil, sil dégustent, commentent, comparent plusieurs millésimes chez Pierre Laberdolive. Une des maisons qui comptent en Armagnac et dont le Bas-Armagnac n’est pas peu fier. Les deux gamins (ils ont 23 ans)  sont en visite sur la propriété de Labastide-d’Armagnac. Mais une visite studieuse pour ces deux sommeliers du très renommé hôtel The Lanesborough à Londres.

Les deux Français, qui exercent leur talent outre-manche, sont venus « déguster quelques vins de l’Hexagone (Jurançon, Gaillac, Fronton…) avant un concours de sommeliers. Nous en avons profité pour venir nous familiariser davantage avec l’eau-de-vie gasconne. » Pour le plus grand bonheur de Pierre Laberdolive, jamais avare de rencontres et d’échanges autour de l’armagnac. « L’armagnac, c’est la mémoire, a lancé le maître des lieux à ces jeunes hôtes. La mémoire de notre région, de tous ceux qui nous ont précédés, la mémoire de nos chais. Certains parlent de tradition, j’aime autant la notion de mémoire », sourit Pierre Laberdolive.

Dans cette maison où l’arrière-grand-père de l’actuel propriétaire a collé la première étiquette sur une bouteille d’armagnac en 1898, Aymeric et Nicolas, entre deux dégustations, racontent aussi leur expérience de l’armagnac… à Londres. « Dans le bar-cigares de notre hôtel, on vend de très vieux armagnacs, parfois très chers, pointent Nicolas. A des clients venus du Moyen-Orient, des Etats-Unis. Les Anglais aussi sont amateurs. » Le profil du consommateur ?  « On croise le flambeur, précise Aymeric, celui difficile à comprendre parce que nous n’avons pas la même approche de l’argent, et le curieux. Celui à qui on raconte l’armagnac, ce spiritueux élevé dans le sud de la France ! »

Pierre Laberdolive se rejouit de l’échange avec les deux sommeliers. Il leurs parle de « la diversité de l’armagnac, de ses nombreuses maisons, une véritable richesse ». Tous sont d’accord sur le plus que constitue le millésime en Armagnac. Pierre Laberdolive insiste, lui, sur « l’armagnac, produit d’Artistes, plus encore qu’élaboration artisanale ». Les sommeliers racontent à leur tour le vocable utilisé dans leur hôtel londonien dès lors qu’ils servent une eau-de-vie ambrée. « On décrit les arômes, la délicatesse, la rareté des vieux armagnacs. »

L’instant se poursuit autour de la table qu’un rayon de soleil vient taquiner comme pour souligner l’ambre des verres. Et Pierre Laberdolive laisse tomber cette phrase venue tout droit, sans doute, d’une mémoire collective : « qu’est-ce que vous voulez changer à cet eau-de-vie de 30 ans, ou 50 ans ? Elles sont là, et nous aussi. »

 

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