Patrick De Montam - Domaine d'Arton
Maisons

L’excellence du domaine d’Arton

Après une « première » vie professionnelle dans le milieu de la presse, Patrick de Montal choisissait, au tout début des années 80, de revenir sur les terres gasconnes de sa famille présente à Roquelaure depuis cinq siècles. « Ce fut un choix réfléchi, un grand désir, je n’ai pas hésité et referais le même choix, »avoue-t-il.

Alors Patrick de Montal se passionne pour l’armagnac. Celui de la marque éponyme qu’il commerciale aux États-Unis sous la forme de millésimes. Une première pour laquelle il s’est battu : « l’armagnac avec ses 54 degrés à la sortie de l’alambic est le spiritueux le plus près du vin. Vous imaginez un vin commercialisé avec une étiquette 25 ans d’âge. Absurde. Il en est de même pour l’armagnac. Au contraire du Cognac, sa spécificité c’est le millésime. Ce n’est pas le XO ou le VSOP auxquels le consommateur ne comprend rien. »

Son obstination a payé, il a fait entrer le millésime sur le marché américain. Obstination mais aussi enthousiasme et volonté dont il fait preuve en 1979 en achetant le domaine d’Arton, à Lectoure. « Le vignoble était en ruine, se souvient-il. Totalement phylloxéré si je puis dire. A l’instar de beaucoup de propriétés, de belles endormies. Car il ne faut pas oublier que la Première guerre mondiale et le phylloxera qui ont eu raison de centaines de Maisons. »

D’Arton, Patrick de Montal la faite à sa main. Quarante hectares de vignes qui donnent du vin et évidemment de l’armagnac sur ce terroir trop longtemps oublié du Haut-Armagnac. « Les Bas-Armagnacais étaient malins, sourit-il. Au début du siècle dernier, lorsque Ténarèze et Haut-Armagnac avaient quasiment disparu ils ont affirmé haut et fort que hors le Bas-Armagnac, pas d’armagnac. » Le propriétaire du domaine D’Arton se réjouit d’avoir redonné ses lettres de noblesses à cet armagnac lectourois trop longtemps oublié.

Une reconnaissance saluée par la plus belle des récompenses, le prix d’excellence attribué par le jury du concours agricole en 2017 (1) : « mon armagnac a décroché ce prix d’excellence parmi toutes les eaux-de-vie de France. Pour la première fois un armagnac arrivait devant les cognacs et les calvados. » Une reconnaissance nationale dont Patrick de Montal veut faire profiter tout l’armagnac même si, en Gascogne, ce prix n’a pas eu l’écho imaginé. « On n’est jamais prophète en son pays », glisse-t-il pudiquement.

Le consommateur, lui, ne s’y est pas trompé. Avec 12 000 bouteilles vendues annuellement, le domaine d’Arton voit ses armagnacs se développer. 60 % filent à l’export et particulièrement aux États-Unis. Patrick de Montal, lui, rêve de faire évoluer les lignes commerciales et marketing de l’armagnac. Et notamment milite pour « l’habit » de l’eau-de-vie gasconne qu’il imagine avec une double signature, celle de son terroir d’origine : un armagnac de Condom, de Nogaro, de Villeneuve-de-Marsan ou de Lectoure auquel on ajouterait son millésime.  « Arrêtons de courir après le cognac, assène Patrick de Montal. Parions sur la spécificité de nos eux-de-vie élaborées par des artisans, et ce depuis plus de sept cents ans, avec les mêmes techniques, les mêmes cépages, le même alambic, la même passion. »

 

(1) Le Prix d’Excellence : le concours général agricole attribue un Prix d’excellence par catégorie de vins ou de produit ayant eu un prix lors des trois dernières éditions du concours (soit 2014, 2015, 2016). Dans ces catégories sont distingués les producteurs dont les savoir-faire permettent d’obtenir, dans la durée, les plus hauts résultats.

A la différence des médailles qui récompensent le niveau qualitatif d’un produit, le Prix d’Excellence distingue la régularité dans l’excellence d’un producteur ou d’une entreprise.

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