Michel Maestrojuan
Portraits

Michel, en véritable Maestro

Après de solides études en œnologie, Michel Maestrojuan est de retour sur la propriété familiale à Ayguetinte.
Des projets plein la tête.

Comme de très nombreux jeunes Armagnacais dont l’appellation peut aujourd’hui s’enorgueillir, Michel Maestrojuan est revenu sur la propriété familiale, le domaine d’Entras à Ayguetinte. Une histoire née avec la Guerre d’Espagne et des ancêtres qui firent le choix de la terre gersoise. Métayer puis propriétaire, les Maestrojuan ont construit pied de vigne après pied de vigne, une entreprise qui fait référence en Ténarèze. Ce poids de l’héritage, Michel Maestrojuan, qui porte le même prénom que son père, le perçoit plus que quiconque. Pour autant, « le petit Maestro », déboule avec un parcours aussi riche que solide, et des idées, par milliers.
Le Bac en poche et une prépa plus tard, Michel s’est offert un diplôme d’ingénieur agro. A Toulouse. Puis une spécialisation en viti-oenologie à l’école d’ingénieur Bordeaux Sciences-Agro. « Alors j’ai enchaîné les stages et des rencontres exceptionnelles, raconte Michel. Comme chez Lurton en Bordelais où l’on m’a fait immédiatement confiance. Ou encore en Bourgogne. » Le gamin est insatiable. Montpellier lui offre un nouveau diplôme en œnologie. Et lui ouvre les portes du prestigieux Institut français de la vigne et du vin, à Angers. Le Gersois devient chercheur, sur les arômes particulièrement. Il se fait remarquer par ses qualités, sa puissance de travail. Mais Michel a besoin des autres, de partage, de découverte.
« Alors j’ai pris le sac à dos pour un tour du monde de six mois. Direction Hong-Kong, la Chine, l’Amérique du Nord, du Sud… » je voulais connaître la réalité du commerce du vin, des alcools. J’ai opté pour un tourisme de travail, plaisante-t-il. Je n’étais jamais plus heureux que lorsque j’ai pu accompagner mes hôtes dans leur quotidien, comprendre leurs façons de travailler. » Jusqu’à ce jour « où mes tripes m’ont dit qu’il fallait rentrer à la maison. »

« J’adore travailler avec les autres, leur apporter un appui technique, leur transmettre un savoir-faire. »

Depuis plusieurs années le Gersois développait aussi une activité de conseil : « On n’est pas forcément prophète en son pays », s’amuse-t-il. En revanche, dans le « milieu », les compétences du petit Maestro couraient déjà. De nombreux Armagnacais de renom ou encore l’association des vins du Sud-Ouest faisaient appel à son savoir d’oenologue. Mais c’est décidé, ce matin de septembre le Gersois rentre à la maison. A la descente de l’avion à Toulouse, son père lui apprend que les vendanges ont débuté. Deux heures plus tard, les Michel père et fils goûtent ensemble des baies. Retour du fils prodigue. Le père lui laisse vinifier son premier vin. Et à la clé, première sélection de la Revue des vins de France. « Mais au bout de quelques mois nous avons fait le constat que nous n’étions pas totalement prêts à travailler en famille, explique le jeune œnologue. Alors j’ai repris ma route de conseil, d’ambassadeur des vins et spiritueux gascons dans les écoles d’hôtellerie. »
Il faudra un drame familial avec le décès de son oncle pour que Michel revienne à Entras. Avec quelques exigences à la clé. « Comme la plantation de cinq hectares en bio, précise Michel. Et aujourd’hui la transition est en devenir sur notre domaine », éclate-t-il de rire. Une implication désormais très forte à Ayguetinte où il mûrit d’innombrables projets pour le domaine, mais pas uniquement.

Michel Maestrojuan portrait
Michel Maestrojuan

« Je poursuis ma mission de conseil. J’adore travailler avec les autres, leur apporter un appui technique, leur transmettre un savoir-faire. Ma plus grande satisfaction serait que rapidement ils n’aient plus besoin de moi. »
Avec un ami il imagine un négoce d’armagnac de type dénicheur de produits rares et donc exceptionnels, « mais d’un coût abordable par le plus grand nombre », s’empresse-t-il. Une nouvelle déclinaison marketing pour les produits du domaine d’Entras, des armagnacs à venir qu’il bichonne dans son chai… Michel ne compte plus ses projets. Et assure d’une chose : « Je suis très heureux ici, dans cet environnement merveilleux. Et je crois beaucoup à l’armagnac, ce spiritueux terrien. »
S’il n’est pas forcément facile de se faire un prénom dans sa famille, Michel colle parfaitement au diminutif affectueux dont il a hérité. Il est un véritable Maestro.

 

 

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