Reportages

Le marché chinois sourit à l’armagnac

 

Alors que le président Macron mène depuis 24 heures une action séduction en Chine, l’armagnac s’y vend de mieux en mieux.

Stéphane Volpato, le directeur du Club des Marques (Clés des Ducs, Monluc, Chabot, Sempé, Cavé, Puységur) est en Chine. Il profite du voyage du Président de la République Emmanuel Macron, en mode VRP, mais aussi du salon agro-alimentaire de Shanghai, pour aller « soutenir tous nos importateurs ». Il faut dire que le marché chinois (1er en chiffre d’affaires et 4e en valeur pour l’armagnac) est celui sur lequel le Club des marques est leader avec un CA de plus de 1 millions d’euros.

« Il est important d’être sur le terrain dans un pays ou la progression de nos ventes est constante, analyse Stéphane Volpato. Après les quatre grandes marques de cognac, l’armagnac est très bien installé en Chine où il jouit d’une très belle image notamment à travers ses millésimes ou encore les produits bruts de fûts. »

D’autres marques sont bien installées en Chine (en incluant Hong-Kong et Macao) à l’instar de Darroze, Delord, Janneau ou encore Dartigalongue. «C’est un marché que nous avons attaqué en 2012, explique Benoît Hillion, directeur de Dartigalongue, et depuis nous travaillons avec le même importateur, preuve d’une certaine stabilité. Nous lui demandons de mettre en avant l’image de l’armagnac et de développer les assemblages (VSOP, XO, Extra) aux côtés des millésimes qu’adorent les Chinois mais à qui il faut faire comprendre qu’ils sont rares. » La Chine est dans le Top cinq des pays à l’export pour Dartigalongue.

Marc Darroze, qui a passé près de trois semaines en Chine à la fin de l’été, observe quant à lui que « de jeunes opérateurs font leur apparition, preuve de l’intérêt qu’ils portent à l’armagnac. Il s’agit de professionnels qui connaissent l’Europe et souvent la France avec qui il est plus facile de travailler. »Pour l’Armagnacais landais « le marché chinois a encore besoin de se structurer car aujourd’hui il existe toujours quelques difficultés à contourner, d’un point de vue du risque financier mais aussi quant à l’image de nos Maisons que nous ne pouvons dégrader ».

D’où la nécessité de stabiliser le marché en passant notamment par des importateurs sérieux « pour constituer des réseaux qui respectent le territoire, nos produits. Et ainsi travailler sur le long terme ce qui n’est pas forcément dans la philosophie des Chinois. » La Maison Darroze va signer une excellente année 2019 en Chine avec une très belle progression pour un chiffre d’affaires de l’ordre de 300 000 euros, et qui positionne la Chine au deuxième rang des pays vers lesquels elle exporte, entre Etats-Unis et Russie.

Quant à Jérôme Delord, de la maison éponyme, il se félicite lui aussi « que la Chine s’intéresse de plus en plus à l’armagnac. Les Chinois ne viennent plus vers nous par hasard mais parce qu’ils apprécient nos eaux-de-vie, nos terroirs. Nous avons plusieurs clients en Chine mais désormais nous avons besoin de structurer ce marché pour gagner en régularité. Nous y observons une belle progression de nos produits et cherchons désormais à obtenir un flux plus constant », commente l’Armagnacais de Lannepax pour qui la Chine entre elle aussi dans son Top trois à l’export après la Russie et les États-Unis.

 

 

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