Portraits

Les frères Lesgourgues, passionnés et inséparables

 

Propriétaire de vignobles bordelais et madiranais, la famille Lesgourgues est avant tout armagnacaise. Denis et Arnaud cultivent cette passion au château de Laubade. Avec réussite

Leur modestie n’a d’égale que la qualité de leurs armagnacs. A l’heure des vendanges, au château de Laubade, à Sorbets, les frères Lesgourgues ont la mine des ados qu’ils furent sur cette propriété familiale, lorsque le temps des vendanges sonnait celui des retrouvailles, des ripailles. Instants  incontournables, inoubliables. Leur père Jean-Jacques, comme il s’y était engagé, leur a passé la main voilà cinq ans. Se contentant de veiller affectueusement et très discrètement sur ses enfants (ils sont cinq) désormais patrons de la boutique. Les plus impliqués sont Arnaud et Denis. Le premier plutôt sur le vin, le second a la responsabilité de l’armagnac. Mais comme les deux garçons sont inséparables, vous risquez fort de les rencontrer à Laubade. Les autres enfants ne sont pas très loin. Marie-Clotilde, spécialiste en management, et Emmanuel, designeur , sont toujours prêts à apporter leur savoir à l’entreprise familiale, que Jeanne, l’autre sœur dans la finance, est en train de rejoindre.

Un clan les Lesgourgues ? Davantage une fratrie élevée dans le respect du bien transmis et l’idée que chaque génération ajoute une ou plusieurs pièces à un puzzle déjà très coloré. Arnaud et Denis le disent joliment : « l’armagnac a cette force d’être à l’image de la famille dont le patrimoine est vivant. C’est désormais à nous de le faire fructifier. » Pas étonnant que le ministère de l’économie vienne d’accorder au château de Laubade le label « Entreprise du patrimoine vivant ». Impliquée, la famille Lesgourgues l’est assurément. Au service de son  vignoble dédié exclusivement à l’armagnac. Les 103 hectares de vigne du château de Laubade, plantés des quatre cépages principaux de l’armagnac (Ugni blanc, Colombard, Folle blanche et Baco), ont un point en commun. Le vin qu’ils produisent n’a aucune chance d’échapper à l’alambic. « Si nous faisions de nos vins autre chose que de l’armagnac, pointe Denis, nous perdrions notre âme. Nous pensons que nous avons plus à faire et à donner à nos clients et à nos salariés. Et si nous produisions des Côtes de Gascogne, cette diversification serait préjudiciable à la qualité de nos armagnacs. »

Un maillage impressionnant

Pas de place au doute, l’armagnac, qui représente 50% du chiffre d’affaires du groupe Lesgourgues, reste l’activité majeure de la famille. Depuis 2011, Laubade a établi une stratégie, un plan de marche qui  prévoit la replantation de tout le vignoble au rythme de 6 à 7 hectares par an. « En 15 ans le vignoble aura été entièrement reconstitué, » précise Denis. Un effort qui se poursuivra par la suite à un rythme moins élevé sur ce domaine qui demeure le plus important du terroir de l’armagnac.

Denis et Arnaud Lesgourgues, des Armagnacais passionnés et inséparables

Quant à la stratégie produit, Denis reste fidèle à une vision haut de gamme  « qui exclue tout marché de masse.  Nous privilégions de petites séries d’armagnacs, du sur mesure », que l’on trouve chez quelque 2500 restaurateurs en France, chez des cavistes (notamment les 600 Nicolas) mais aussi dans les 2000 bars parisiens clients de Café Richard. Côté maillage, difficile de faire mieux. «Nous croyons à notre réseau de distribution, à nos 90 agents implantés sur le marché français, » ajoute Denis.  L’armagnac Laubade est également très présent à l’export, « surtout aux Etats-Unis, ponctue Arnaud,  où nous sommes très largement leader. »

Si les armagnacs château de Laubade privilégient la qualité, elle s’entend de façon transversale aime à souligner Denis : « La signature Laubade doit être aussi forte sur un VSOP que sur un Extra. » Pour y parvenir, le maitre de chai qui connaît sur le bout des lèvres la qualité de ses raisins, vinifie puis distille, par exemple ses Ugni blanc, en sachant qu’ils deviendront du VSOP, de l’Extra ou du XO. Un art de la distillation très poussé, tout comme l’est celui du vieillissement. « Nous choisissons les arbres de nos fûts sur pied. Des bois de chênes de Gascogne qui après avoir séchés trois ou quatre ans sont confiés à une tonnellerie familiale à Cognac », dévoile Arnaud.

Une quête du meilleur traduite depuis cinq par une progression du chiffre d’affaire des armagnacs Laubade de 15%, alors même que deux sous marques ont été abandonnées par les Lesgourgues. Denis s’éclate dans ses nouvelles responsabilités, quant à Arnaud, il l’avoue : « dès que je peux je laisse Bordeaux pour rejoindre Sorbets et mon frère à Laubade. » On vous le disait : passionnés !

 

 

 

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