Jean-Philippe Balay et le domaine Charron

Le domaine de Charron tisse sa toile

Cinq ans à peine après la reprise du domaine, Jean-Philippe Balay a offert une belle image à sa marque. Et ses armagnacs sont très appréciés.

 Il est arrivé voilà un peu plus de cinq ans… sur la pointe des pieds. L’ancien ingénieur chimiste qui distillait du pétrole s’éclate désormais à distiller les eaux-de-vie produites sur le domaine de Charron que son beau-père Claude Lartigue faisait vivoter jusqu’à son arrivée.

En cinq années, et autant de campagne de distillation, le Lorrain passé par une école d’ingénieur à Toulouse est un peu chez lui dans les Landes, entre Perquie et Villeneuve-de-Marsan. Pour autant, Jean-Philippe avoue : « je pensais que cela serait plus simple. » Faut dire que le chantier était d’envergure. Si les stocks de très bons armagnacs étaient jalousement conservés au domaine (tous les millésimes depuis 1985), le domaine de Charron n’était connu que de la famille et des copains de Claude Lartigue.

Alors, Jean-Philippe s’est lancé, « sans trop (me) poser de questions », dans l’aventure. Avec une démarche marketing gagnante : carafe au look whisky et rhum (Jean-Philippe est un passionné de tous les spiritueux), et étiquette iconoclaste avec un zèbre comme emblème. Bingo ! Aujourd’hui, le domaine de Charron et l’étiquette « du zèbre » ne font qu’un.

Quant au contenu, « je privilégie la qualité, le brut de fut et le millésime », précise Jean-Philippe. Un choix encore gagnant, tous ses millésimes présentés en concours ont au moins obtenu une médaille (Eauze, Paris…) « La médaille  ce n’est pas très important, analyse-t-il, mais elle rassure le client ».

En cinq ans, le Landais d’adoption est passé de quelques poignées de bouteilles à plus de 2000 commercialisées en 2018. A des prix « en rapport avec la qualité du produit proposé », à savoir des bouteilles que l’on ne peut trouver en dessous de 70 euros pour un douze ans d’âge. Une valorisation « qui me permet de commencer à vivre correctement de ma nouvelle activité professionnelle, glisse l’Armagnacais. Mais vous savez, je ne rêve pas de vendre des palettes de bouteilles. Ce n’est ni ma philosophie, ni mon projet économique avec nos trois hectares de vignes. »

Présent à la Maison du whisky, chez des  cavistes et dans quelques restaurants, notamment à Paris, le domaine Charron est également (pour 50% des ventes) présent à l’export (USA, Allemagne, Taïwan, Malaisie, Andorre). « Et aussi chez un étoilé japonais à Taïwan qui possède un deux étoiles à Tokyo. »

Des projets, Jean-Philippe en nourrit d’autres. Comme par exemple le marché du cocktail qu’il souhaite visiter avec une Blanche ou un jeune armagnac : « parce que le cocktail est un excellent moyen de faire connaitre l’armagnac, de conquérir de jeunes consommateurs que l’on ne va pas séduire avec de vieux millésimes. Le cocktail st une magnifique porte d’entrée pour l’armagnac. »

A l’instar de son propriétaire, discrètement mais efficacement, le domaine Charron tisse sa toile. Quant à Jean-Philippe, il commence à trouver ses marques dans un monde armagnacais pas toujours facile à pénétrer. « J’ai beaucoup de copains producteurs, reconnait-il, je multiplie les rencontres, les échanges et j’essaie de participer aux animations du BNIA. »

En quelques petites années Jean-Philippe Balay et le domaine Charron se sont fait un nom. La qualité de leurs eaux-de-vie n’est pas étrangère à cette jolie progression.

 

Jean-Philippe Balay - Domaine Charron

Jean-Philippe Balay – Domaine Charron